J'ai toujours su que tu viendrais... Enfin, que tu reviendrais. Après tout, nous étions amis, non ? Enfin, je crois. Je n'en ai jamais été sûre. Le doute était toujours présent, je ne pouvais me faire à l'idée que quelqu'un m'appréciait vraiment, après tout l'hypocrisie dont on a fait preuve avec moi. Je dois l'avouer, j'ai douté de tout le monde, même de toi. J'espère que tu ne m'en veux pas. Je t'aime beaucoup, malgré tout, tu sais ? Bien sûr que tu le sais. Je te l'ai déjà bien fait comprendre. Ce que tu n'as jamais su, c'était à quel point je t'aimais. Il m'aurais fallut beaucoup plus de courage que je n'en avait pour te l'avouer, et plus de force que je n'en possédais pour affronter et supporter ta réponse. Mais maintenant que j'en sais un peu plus, je regrette d'avoir tout gardé pour moi.
Je vois tout, maintenant, tu sais ? Je te vois venir chaque jour me rendre visite, pour t'occuper de mon nouvel habitat, le dernier que j'aurai. Je t'ai vu quand tu as appris la nouvelle. J'ai vu ton air choqué à ce moment là. J'ai vu ton visage triste la dernière fois que tu as vu mon corps blanc et froid. J'ai vu tes émotions se répandre en toi, mais jamais au grand jamais je n'ai vu tes larmes couler. J'aurais pourtant espérer n'en voir qu'une rouler sur sa joue, une larme pour mon départ, moi qui en ai tant laissé couler pour toi. Mais je crois que c'était trop te demander, comme nombre de mes demandes. Je te regarde chaque jour, et de là où je suis, je veille sur toi, en espérant que le jour où tu me rejoindras est encore bien loin.
J'ai envie que tu profite encore un peu, pas que tu me suive bêtement. Fais le pour moi, si ça peut te motiver un peu. Mais s'il te plait, fais le. Je ne me suis pas éloignée pour que tu me rejoigne si vite. Vis encore un peu, devient quelqu'un d'important, et surtout, surtout, oublie que j'ai existé. Oublie qui j'ai été. Oublie qu'on s'est connu. Oublie tout, même si moi, je ne t'oublierai pas. Jamais. Comment oublier ? Tu n'as été que trop important pour moi. Tous nos moments passé ensemble, je les ai gravés au fin fond de mon coeur, pour toujours. Ces longues heures à discuter, quelle que soit l'heure du jour ou de la nuit, ces instants où je ne me serait volontiers endormie dans tes bras quand tu m'y serrai fort, bercée par la mélodie de ta voix, ces silence qui s'interposaient où je pouvait te regarder à loisir, toi et ton superbe sourire, tu vois, ces souvenirs, même la mort ne me les as pas pris.
Tu te souviens, quand on était gosse, on disait que rien ne nous séparerait. C'était beau, les années primaires, hein ? On se connaissait depuis la maternelle, tu t'en rappelle ? Tu étais le petit nouveau, en classe de petite section. Déjà petite, je voulais être seule. Mais toi, tu n'as jamais voulut l'entendre. Dès ton premier jour, tu m'as remarquée, et tu t'es dirigée vers moi, avec ton grand sourire et ton air joyeux, celui que maintenant je connais si bien. Une entrée fracassante dans ma vie. Oui, c'est bien ce que tu as fait à ce moment la. Toujours ensemble, dans la même classe, depuis la petite section, que ce soit en maternelle, en primaire, au collège, ou au lycée. Les années passait, on se rapprochait toujours un peu plus.
En primaire, on se définissait de "meilleurs amis". Au collège, on était le "petit couple" selon nos camarades, bien qu'on avait déjà dit que jamais on ne briserai notre amitié. Enfin, on était d'accord là dessus, mais déjà, cette décision prise ensemble me brisait le coeur. Mais jamais je ne t'avais rien dit. Et on continuait notre chemin ensemble, toujours à s'arranger pour être dans la même classe. Est arrivé le lycée, avec les options fatales qui auraient pu nous séparer. Mais on a toujours eu les mêmes passions, les mêmes gouts, les mêmes envies. Nos choix, on les a toujours fait ensemble, de façon à ne pas se séparer. Et ça marchait. Cependant, avec le lycée arrivaient les sentiments amoureux. C'est ça qui a faillit nous diviser. Te souviens-tu de nos engueulades, à propos de la petite mignonne de la classe d'à côté ? J'étais jalouse, parce que tu la regardais sans arrêt, et tu ne pouvais t'empêcher de m'en parler. Mais tu n'as jamais vraiment su pourquoi... Malgré tout, on est resté uni, jusqu'à la Fac. Le bac en poche, on s'est inscrit dans la même, mais je n'ai pas été prise, contrairement à toi. On avait promis de ne jamais se séparer, c'était foutu...
L'amour, le sexe, les études, les fêtes, tu n'avais plus beaucoup de temps pour moi, mais jamais tu ne m'avais oubliée. Moi, je ne pouvais m'empêcher de me ronger les sangs en me disant que tu en avais une autre. Et effectivement, il y en avait une autre. Quand tu trouvait un peu de temps pour moi, tu m'en parlait. Tu ne parlait même que d'elle, des rendez-vous que tu décrochait ou non. Je me forçait à sourire et t'encourageait, car je voyais qu'elle te rendait heureux, malgré tout. Et au fond, j'espérai que ça ne marcherai jamais entre elle et toi. Aujourd'hui, tu as finit tes études, et elle est toujours là.
Il y a 2 ans, tu m'avais invitée, fier, heureux. Je m'attendais à ce que tu m'annonce que tu avais un boulot, ou je ne sais quoi d'autre. A la place, tu m'as accueillie à bras ouverts, pour m'annoncer tes fiançailles avec elle. J'ai sourit, je t'ai félicité, comme toujours. Mais le coeur n'y était pas. Elle est arrivée peu après et tu m'as proposée d'être son témoins à votre mariage. Bien sûr, j'ai accepté. J'étais incapable de te dire non... Ce soir là, quand je suis partie de chez toi, je t'ai vue la serrer contre toi, et l'embrasser.
J'ai accéléré mon pas et suis montée dans ma voiture pour rejoindre mon domicile. J'ai toujours vécu au même endroit, tu t'en souviens ? Au fond de la route longée par un ravin. Au bout de 25 ans, je finissais par le connaitre par coeur, ce ravin. Mais en montant dans ma voiture, les larmes m'ont gagnée, avec une force violente. J'ai quand même pris la route, en sachant ce que je devais faire. Sur mon chemin, arrivée au ravin, mes larmes coulaient toujours, tu sais ? Je me suis arrêtée au bord de la route, et je me suis laissée pleurer un bon coup. Tout me revenait, tes anecdotes amoureuses que tu me racontait, cette joie qui t'illuminait quand tu parlait d'elle, l'annonce de ton mariage, et ce baiser. Tout s'enchainait, tout défilait dans ma tête. J'avais mal, très mal. J'ai regagné mon véhicule, et volontairement, j'ai mis fin à mes souffrances.
Tu sais, je ne regrette rien... A part peut être que maintenant, même si tu as une vie de rêve, une femme merveilleuse et une fille adorable, tu ne peux vivre comme il faut. Par ma faute. Si tu savais comme j'ai mal pour toi... Mais j'ai vu qu'elle était quand même là pour toi. J'ai vu qu'elle te laissait venir fleurir seul ma tombe, par respect pour moi. Elle avait deviné ce que j'ai toujours voulut te dire, depuis notre enfance. C'est pour ça qu'elle te laisse venir tous les jours me rendre visite au cimetière pour me rendre hommage. Elle sait combien c'est important pour moi. Enfin, j'imagine.
Mais tu sais, tu n'es pas obligé de te prendre la tête pour moi. Je ne suis plus, et tu fais souffrir ta bien-aimée pour rien. Alors soit heureux ! Je vais mieux, tu sais ! Enfin non, tu ne peux pas savoir. Les vivants ne peuvent entendre les morts. C'est pour ça, je pense, que je peux le dire aujourd'hui, après tant d'années de silence : je t'aime.
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Deux ans se sont écoulés, depuis notre dernière rencontre. C'est long, deux ans. J'ai eu le temps de réfléchir, et même de regretter. Regretter quoi ? Des choses que j'ai faites alors que je n'aurais pas dû, et inversement. Tu sais pourquoi ? Parce qu'au bout du compte, j'ai compris ce qui t'étais arrivé ce dernier soir d'il y a deux ans, chose que personne n'avais encore compris jusque là. Malgré tout, je ne peux m'empêcher de me poser des questions. Des question du style "Pourquoi tu n'as rien dit ?" ou encore "Comment en es-tu arrivée jusque là?". J'ai mal, tu sais ? J'ai mal, parce que par ma faute, tu n'es plus. Parce que oui, si j'avais pris la peine de t'écouter, je suis certain que tu serais à mes côtés, aujourd'hui. Mais j'ai été égoïste, et voilà où l'on en est arrivé.
Des fois, je me dis qu'aujourd'hui, on pourrait être ensemble, mariés, et avec nos enfants. Pas que je me plaigne de ma situation actuelle, avec ma femme et ma fille, non non. Elles me rendent heureux. Enfin, en partie. Je suis vide, sans toi, tu sais ? Tu étais ma meilleure amie, ma confidente, la s½ur que je n'ai jamais eu. je me sentais bien, à ton contact. Je pouvais toujours tout partager avec toi, quoi qu'il arrivait. Et tu pouvais faire de même, je te réconfortait toujours. Mais tu ne l'as fait que trop peu, je m'en rend compte maintenant. Il y a trop de choses que tu ne m'as jamais dites, pour ne pas me troubler, pour préserver notre amitié, je suppose. Même si tu devais en payer le prix.
Chaque jour, je ne peux m'empêcher de penser à notre première rencontre. C'était à la petite école. Je venais d'arriver, tout le monde m'était inconnu. Dans ma nouvelle classe, tout le monde s'intéressait à moi, au petit nouveau. Tout le monde sauf toi. Toi, tu t'enterrais dans ton coin, tu te foutais de ce qui se passait autour de toi. Pour je ne sais quelle raison, ça m'a attiré. J'avais déjà cette curiosité maladive qui me poussait à m'intéresser à l'inhabituel, à ce que je ne connaissais pas. Tu m'intriguais, je n'avais pas l'habitude de ce genre de comportement. Alors je suis allé vers toi, au détriment de tous les autres. Le contact a été dur, tu t'en souviens ? Au début, tu m'ignorais, tu faisait comme si je n'étais pas là. Petite, certes, mais bornée. Mais vu que j'insistais, tu as finit par me laisser une chance de t'approcher. Pauvre petite enfant solitaire et farouche...
On est vite devenu des amis proches, et les années ont joués en notre faveur : jamais séparés. Et au final, je n'ai jamais regretté de laisser tomber les autres pour toi. Après tout, j'avais finit par te connaitre, et par découvrir quelle fille géniale tu étais, derrière ta coquille, ton mur de silence. Et je t'aimais beaucoup pour ça. Je crois même que je n'ai jamais autant affectionné une personne que toi. Et nos années d'études n'ont jamais faut que nous rapprocher d'avantage, en nous laissant partager nos années scolaires ensemble. Enfin, pendant un certain temps, du moins.
Est arrivé le collège, où l'on nous prenait pour un couple, et cela me gênait. Pourquoi ? Parce que secrètement, je t'aimais. Mais au fond, je me doutais que ce n'étais pas réciproque. Enfin, je le croyais, en tous cas. J'y croyais très fort... En revanche, je refusais de t'en parler, de t'avouer mes sentiments. Déjà, parce que je n'en étais pas sûr, je n'y connaissais encore rien en amour. A l'époque, je croyais encore que je t'aimais comme une s½ur. Et pour ne pas me perdre entre ces deux sentiments si proches l'un de l'autre, je t'ai demandé à ce qu'on se jure de ne jamais se mettre ensemble, jamais briser notre amitié. Et on l'a tenue, cette promesse.
Tu te souviens de nos soirées ensemble, quand tu allais mal et que tu débarquais chez moi, ces soirées on tu finissais allongée dans mes bras, à pleurer ce que tu avais à pleurer, tu me confiais ce qui n'allait pas chez toi, avec ta famille, avec ces gens qui t'entouraient sans te comprendre ni même t'aimer. Tu finissais même par t'énerver contre toi même, te reprochant de me déranger, te répandant en excuses, cherchant à partir, t'excusant encore, jusqu'à ce que tu te rende compte que je te gardais prisonnière dans mes bras. Je te rassurais sans te parler, juste avec un de mes sourires que je ne dédiais qu'à toi, et en te serrant encore plus fort contre moi. Tu finissais par capituler et à t'abandonner en larmes, les dernières de la soirée. Au final, tu repartais au beau milieu de la nuit, tu rentrais chez toi et tu te couchais tranquillement, pour me retrouver demain, pimpante et fraiche comme une rose.
Le lycée est arrivé, c'était une étape de plus à franchir, ensemble de préférence. Et on a eu cette chance, toujours. Mais en grandissant, on finissait par avoir besoin d'un amour, d'une tendre moitié. Emporté par ma bonne humeur et mon enthousiasme naturel, je n'ai pas tardé à la chercher. Et mes expériences, je t'en parlais beaucoup, surement pour me convaincre que non, je ne t'aimais pas. parce que même si le temps passait, l'incertitude restait. Mais toi, tu ne disais rien. Tu ne cherchais personne. Je ne me suis douté de rien, je pensais que ton envie de solitude naturelle reprenait le dessus. C'est vrai que je n'ai pas chercher non plus à te comprendre... J'avais quelques conquêtes, elles me faisaient tourner la tête, je n'avais plus les pieds sur Terre. M'en pardonneras-tu un jour ?
Tu sais, quand la fac nous a séparé, j'ai finit par comprendre. Ton absence se faisait sentir, quoi que je fasse. Chaque soir, je me réveillais au beau milieu de la nuit, m'attendant presque à te retrouver en larmes à ma porte. Mais quand j'ouvrais celle-ci, personne n'était sur le pallier, à se jeter dans mes bras. Tu me manquais. Horriblement. Mais les cours étaient difficiles, et je n'avais que peu de temps à t'accorder. C'est là que j'ai pris conscience : je t'aimais. Comme un fou. Mais on s'était promit de ne jamais briser notre amitié. Alors je me suis tus, et j'ai tenté d'oublier. Mais tu me connais, je suis quelqu'un de très ouvert. J'ai finis par vite me faire des amis, là bas.
C'est à une soirée avec des potes de la fac que je l'ai rencontrée. Elle te ressemblait beaucoup, niveau caractère, c'est peut-être pour ça que je me suis accroché à elle. Je t'en parlais, chaque fois que je te voyais. J'espérais voir un moindre signe de jalousie, mais rien n'apparaissait sur ton visage. Tu restait toujours neutre, tu avais toujours ce petit sourire et ces paroles encourageantes quand il s'agissait de mes relations amoureuses. Il n'y a qu'une fois, où quand tu t'es retournée pour partir, je t'ai entendu murmurer pour toi même "Je ne suis donc qu'un passe-temps, la fille avec laquelle tu perds le temps que tu n'arrive à occuper autrement." Puis tu es partie, sans te retourner.
Le temps continuait de s'écouler, et moi je réussissais dans la quête de ma bien-aimée, qui avait finit par me tomber dans les bras. Et comme pour le reste, je t'en parlait, comme avant. Mes fiançailles n'ont pas fait exception : le jour même où elle m'avait dit oui, je t'avais invitée, pour te l'annoncer. Et même, je voulais que tu sois son témoin. Je t'aimais toujours un peu, malgré tout, et je pensais que mon mariage devant toi retirerait ce qu'il me restait de sentiments amoureux pour toi. Si seulement j'avais su comment ça se finirait...
Si tu savais comment j'ai eu mal, quand j'ai appris ton décès... Je crois que jamais je ne t'avais aimé aussi fort qu'à ce moment là. Et surtout, je ne comprenais pas pourquoi ni comment tu étais morte. Lorsque le suicide avait été confirmé, j'ai compris. J'ai compris que depuis le début, toi aussi tu m'aimais. Tu refusais de me voir avec une autre, pour de bon. Tu me voulais pour toi, et toi seule. Mais on s'était promit. Donc tu as préféré mourir que de trahir ta promesse vis-à-vis de moi. Je me trompe ? Je ne crois pas, non...
Maintenant, cela fait deux ans que je viens soigner les fleurs de ta tombe, tous les jours. Deux ans que je viens tous les jours te rendre hommage. Deux ans que je viens quotidiennement prier pour toi. Deux ans que je vis dans mes souvenirs, ceux où tu étais encore là. Tu sais, je regrette. Parce qu'aujourd'hui, on pourrait être ensemble. Avec la famille qu'on aurait fondé. Ou, en tous cas, tu serais encore en vie. Quand je t'ai perdue, j'ai compris que je venais de perde une partie mon être, cette partie qui me permettait de ressentir le bonheur que répondait ma femme autour d'elle. Maintenant, tu es partie, et tu as pris avec toi une bonne partie de moi.
Je me demande comment c'est, d'être mort. J'imagine que tu dois tout voir, de là-haut. je me demande si tu entends, aussi. En tous cas, je suis venu ici tous les jours, j'ai vécu par toi, j'ai rendu hommage à celle que tu étais, j'ai prié, j'ai cessé de vivre ma vie avec ma femme et ma fille, je les ai délaissées pour ton souvenir, et tout cela pendant deux ans. Mais, si tu m'entends, écoute moi bien : mes sentiments pour toi, comme mes visites à ta tombe sont terminés. je compte bien t'oublier, pour enfin aimer ma famille. Je ne reviendrai plus. C'est fini.jusqu'à ce que tu te rende compte que je te gardais prisonnière dans mes bras. Je te rassurais sans te parler, juste avec un de mes sourires que je ne dédiais qu'à toi, et en te serrant encore plus fort contre moi. Tu finissais par capituler et à t'abandonner en larmes, les dernières de la soirée. Au final, tu repartais au beau milieu de la nuit, tu rentrais chez toi et tu te couchais tranquillement, pour me retrouver demain, pimpante et fraiche comme une rose.
Le lycée est arrivé, c'était une étape de plus à franchir, ensemble de préférence. Et on a eu cette chance, toujours. Mais en grandissant, on finissait par avoir besoin d'un amour, d'une tendre moitié. Emporté par ma bonne humeur et mon enthousiasme naturel, je n'ai pas tardé à la chercher. Et mes expériences, je t'en parlais beaucoup, surement pour me convaincre que non, je ne t'aimais pas. parce que même si le temps passait, l'incertitude restait. Mais toi, tu ne disais rien. Tu ne cherchais personne. Je ne me suis douté de rien, je pensais que ton envie de solitude naturelle reprenait le dessus. C'est vrai que je n'ai pas chercher non plus à te comprendre... J'avais quelques conquêtes, elles me faisaient tourner la tête, je n'avais plus les pieds sur Terre. M'en pardonneras-tu un jour ?
Tu sais, quand la fac nous a séparé, j'ai finit par comprendre. Ton absence se faisait sentir, quoi que je fasse. Chaque soir, je me réveillais au beau milieu de la nuit, m'attendant presque à te retrouver en larmes à ma porte. Mais quand j'ouvrais celle-ci, personne n'était sur le pallier, à se jeter dans mes bras. Tu me manquais. Horriblement. Mais les cours étaient difficiles, et je n'avais que peu de temps à t'accorder. C'est là que j'ai pris conscience : je t'aimais. Comme un fou. Mais on s'était promit de ne jamais briser notre amitié. Alors je me suis tus, et j'ai tenté d'oublier. Mais tu me connais, je suis quelqu'un de très ouvert. J'ai finis par vite me faire des amis, là bas.
C'est à une soirée avec des potes de la fac que je l'ai rencontrée. Elle te ressemblait beaucoup, niveau caractère, c'est peut-être pour ça que je me suis accroché à elle. Je t'en parlais, chaque fois que je te voyais. J'espérais voir un moindre signe de jalousie, mais rien n'apparaissait sur ton visage. Tu restait toujours neutre, tu avais toujours ce petit sourire et ces paroles encourageantes quand il s'agissait de mes relations amoureuses. Il n'y a qu'une fois, où quand tu t'es retournée pour partir, je t'ai entendu murmurer pour toi même "Je ne suis donc qu'un passe-temps, la fille avec laquelle tu perds le temps que tu n'arrive à occuper autrement." Puis tu es partie, sans te retourner.
Le temps continuait de s'écouler, et moi je réussissais dans la quête de ma bien-aimée, qui avait finit par me tomber dans les bras. Et comme pour le reste, je t'en parlait, comme avant. Mes fiançailles n'ont pas fait exception : le jour même où elle m'avait dit oui, je t'avais invitée, pour te l'annoncer. Et même, je voulais que tu sois son témoin. Je t'aimais toujours un peu, malgré tout, et je pensais que mon mariage devant toi retirerait ce qu'il me restait de sentiments amoureux pour toi. Si seulement j'avais su comment ça se finirait...
Si tu savais comment j'ai eu mal, quand j'ai appris ton décès... Je crois que jamais je ne t'avais aimé aussi fort qu'à ce moment là. Et surtout, je ne comprenais pas pourquoi ni comment tu étais morte. Lorsque le suicide avait été confirmé, j'ai compris. J'ai compris que depuis le début, toi aussi tu m'aimais. Tu refusais de me voir avec une autre, pour de bon. Tu me voulais pour toi, et toi seule. Mais on s'était promit. Donc tu as préféré mourir que de trahir ta promesse vis-à-vis de moi. Je me trompe ? Je ne crois pas, non...
Maintenant, cela fait deux ans que je viens soigner les fleurs de ta tombe, tous les jours. Deux ans que je viens tous les jours te rendre hommage. Deux ans que je viens quotidiennement prier pour toi. Deux ans que je vis dans mes souvenirs, ceux où tu étais encore là. Tu sais, je regrette. Parce qu'aujourd'hui, on pourrait être ensemble. Avec la famille qu'on aurait fondé. Ou, en tous cas, tu serais encore en vie. Quand je t'ai perdue, j'ai compris que je venais de perde une partie mon être, cette partie qui me permettait de ressentir le bonheur que répondait ma femme autour d'elle. Maintenant, tu es partie, et tu as pris avec toi une bonne partie de moi.
Je me demande comment c'est, d'être mort. J'imagine que tu dois tout voir, de là-haut. je me demande si tu entends, aussi. En tous cas, je suis venu ici tous les jours, j'ai vécu par toi, j'ai rendu hommage à celle que tu étais, j'ai prié, j'ai cessé de vivre ma vie avec ma femme et ma fille, je les ai délaissées pour ton souvenir, et tout cela pendant deux ans. Mais, si tu m'entends, écoute moi bien : mes sentiments pour toi, comme mes visites à ta tombe sont terminés. je compte bien t'oublier, pour enfin aimer ma famille. Je ne reviendrai plus. C'est fini.